L’expatriée « rentre » en vacances

A l’heure où la plupart des français planifient méticuleusement leur voyage et attendent avec impatience leurs vacances, figurez vous que dans l’hémisphère Sud … c’est pareil. A une différence près cependant. Si vous, vous rêvez d’ailleurs, de contrées lointaines, ou même d’une autre région de France, l’expatriée que je suis attends le retour à la « maison ».

Juin ou l’impatience de rentrer en France

Bizarrement, le reste de l’année, la France ne me manque pas tant que cela. Si j’ai choisi de vivre à l’étranger c’est justement parce que j’aime vivre dans un pays où les moeurs sont différentes de mon pays d’origine. Le côté dépaysement est bel est bien là même après 5 ans révolus.

Pourtant en Juin, ça sent les grandes vacances, la plupart des expats s’en vont, et en plus ici c’est l’hiver.
Les magazines féminins que je télécharge depuis ma tablette parlent de vacances, de mer, de plage, de bon temps or en Angola au mois de Juillet et Août, on ne peut plus se baigner et tout est un peu « trop » calme.

Ce n’est pas non plus la meilleure saison pour visiter d’autres pays d’Afrique. Alors depuis 5 ans, c’est une tradition, l’été de l’hémisphère nord, c’est le temps de la France, de la famille, des amis.

Planifier son été

A partir de Juin, c’est donc le branle-bas de combat sur les sites de réservation en ligne. Avion, train, comparaison des prix, peur que le billet ne flambe (trop tard!)… Calendrier en main, on démêle le casse-tête du: quand je pars, où je vais, qui je vois, comment je m’organise, et quand est-ce qu’on revient…et que fait-on en cas de grève. Parce que oui, la grève quand on rentre si peu au pays, ça fait peur. On rentre pour une durée limitée et tout est réglé comme du papier à musique, alors la moindre poussière dans l’engrenage peut être fatale!

Ensuite, il y a la contrainte du visa. Il faut retourner dans son pays d’adoption avant que ce dernier n’expire. Selon les pays, cela pose plus ou moins de problème mais en Angola, aux vues des difficultés pour obtenir le précieux sésame, on ne se pose même pas la question !

Ensuite, on prépare son petit tour de France en voiture et train. On essaie de voir tout le monde, et un maximum les gens qui nous ont manqué sauf que eux aussi partent en vacances…
On fait des déçus, des jaloux, des heureux, des mécontents. On fait de son mieux…

La terre promise

Enfin, on prend l’avion, et après 12h de vol et une escale, on arrive à Paris Charles de Gaulle pour enchainer sur 2h de voiture. On roule vers la Picardie et whoua! Comme c’est beau ces champs! Comme les arbres sont verts! Comme les routes sont confortables! (Comprenez, il n’y a pas de trous).

Dans les jours qui suivent on se rue chez le boulanger, on dévore trois baguettes (on reprend 2 kg au passage), on se paie même un Mac Do et on a l’impression que c’est un privilège.

On roule, les voitures s’arrêtent au feu rouge mince alors! On prend le train et on n’en revient pas de pouvoir faire 200 km en 1h30 (je parle des trains de picardie hein, pas du tgv!). Tout semble simple et facile. On a envie de quelque chose, on peut l’avoir, c’est là sous son nez. C’est POSSIBLE.

Et pendant ces mois d’été en France, je garde un sourire béat devant toutes les possibilités qui s’offrent à moi.

Un nouvel espace-temps

En rentrant une fois par an, le plus étrange est d’avoir l’impression de vivre dans un épisode de « retour vers le futur ». Les gens changent, les bébés grandissent (vite!), les villes se construisent, les technologies s’améliorent. C’est fou tout ce qui se passe en un an et que les gens ne remarquent même pas car ils le vivent au quotidien.

En tant que fille, la mode m’est totalement étrangère. De toute façon quand j’arrive en France les soldes sont finies et font places aux affaires d’automne alors que moi pour repartir je vais avoir besoin de vêtements d’été. Cela donne un sentiment étrange de vivre dans un perpétuel décalage face au présent.

Un temps pour tout

A force de courir à droite et à gauche, les semaines passent sans qu’on s’en rende compte et c’est déjà le moment de repartir. Triste? Oui un peu de laisser derrière soi les gens qui comptent. De laisser derrière soi les privilèges de la vie en France? Oui et non.

Chaque retour en France est comme un séjour à Disneyland, c’est un monde merveilleux et facile qui s’offre à vous, mais si on en abuse, la magie s’estompe.
Après plusieurs semaines, le côté « société de consommation », « achetez parce que vous le valez bien » devient difficile à vivre. Si j’apprécie tant que ça ma parenthèse estivale française, c’est parce que le reste de l’année est fait de certaines privations. Je n’ai pas la liberté de tout, ce n’est pas toujours facile mais au final ça me donne de nouvelles valeurs et me fait beaucoup relativiser.

Et vous, amies expatriées, comment vivez vous vos parenthèses françaises? Qu’est-ce qui vous marque le plus à chaque retour en France? Etes-vous pressées de retourner dans votre pays d’adoption?

Ola !

Je suis Christelle et je crée des sites internet pour les indépendants, coachs, thérapeutes dans le domaine du bien-être, professeurs de Pilates, de Yoga, infopreneurs et comme moi, les femmes qui se sont reconverties dans une activité en ligne durant leur expatriation. Parce que je comprends leur besoin et la stratégie à adopter en ligne, je suis à même de pouvoir les aider dans leur projet. 

J'aide également les Web Designers et Graphistes à réfléchir à la meilleure façon de développer leur activité et à travailler avec les clients qui sont faits pour eux. 

Tu n'as pas besoin de tout faire tout(e) seul(e). N'hésite pas à me contacter! 

3 commentaires

  1. Margarida sur 30 juin 2015 à 16 h 11 min

    J’aime bien cet article, je pense en écrire un aussi les jours à venir…
    En effet, bien que je sois plus proche de mon pays que toi, l’été est aussi ce moment pour « rentrer » en vacances chez soi. Parfois, cela veut dire ne pas visiter d’autres pays et ne pas faire d’autres voyages (qu’on aimerait bien aussi) parce que cette envie et ce besoin de rentrer au pays est plus fort que tout :-)…

    Bisous et bon retour en France !

    • Christelle Bourgeois sur 30 juin 2015 à 16 h 40 min

      Merci! Ton commentaire me touche parce que je n’ai pas trop l’habitude des articles trop « perso » 😉 Pas toujours évident de se mettre à nu. Mais je suis dans un tel état d’excitation dans l’idée de rentrer en France et en même temps j’ai ce sentiment étrange que ce n’est pas comme des vacances..bref, j’avais besoin d’extérioriser peut-être pour faire le point aussi. Contente d’avoir ton point de vue 🙂
      Allez J-16 !

  2. Les vacances de l’expatriée | colombefrei on the road sur 6 août 2015 à 16 h 21 min

    […] cherchant une belle image pour illustrer le post, je suis tomber sur cet article : vous invite sans attendre à le […]

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