Talented woman #1 Véronique Martin-Place, écrivain expatrié

Auteur de Finding Your Feet In Chicago, Véronique Martin-Place est un écrivain expatrié qui propose des services personnalisés d’accompagnement à l’écriture. Elle guide des auteurs dans la rédaction de leurs livres, de l’idée de départ au point final. Elle privilégie des projets en littérature non-fictionnelle ou traitant de l’expatriation et de la vie à l’étranger. Pour en savoir plus, consultez son site internet : http://www.writerforever.com/

1- Dites men plus sur vous. Comment êtes-vous devenue expatriée ?

J’ai su que j’allais devenir expatriée lorsque j’ai rencontré celui avec qui je partage ma vie. Nous nous sommes rencontrés alors que nous étions encore tous les deux étudiants. Il préparait le concours du Ministère des Affaires Étrangères. Il n’y avait que ce concours qui l’intéressait. Les choses étaient donc très claires. Je savais à quoi je m’engageais dès le départ !

Il a réussi son concours et a commencé à travailler au ministère. De mon côté, j’ai débuté mon doctorat en Sciences politiques. Nous avons d’abord vécu trois ans et demi à Paris. Un jour il a fallu prendre une décision et répondre à cette question : « Est-ce que tu veux venir avec moi ? » J’ai dit oui. C’était au printemps 1999. Quelques mois plus tard, j’atterrissais à Oslo, en Norvège. Pour moi, c’était hier, mais quand je fais le compte, cela fait 16 ans ! Seize ans d’expatriation, quatre pays (Norvège, Sri Lanka, Etats-Unis, Chine) et un retour en France de trois ans au milieu de tout cela.

2- Que vous a fait découvrir le fait de vivre en expatriation ?

Outre le fait de découvrir de nouvelles cultures et de rencontrer de nouvelles personnes, l’expatriation m’a surtout fait comprendre qui j’étais réellement et surtout ce que je voulais vraiment faire de ma vie. Tout cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Cela m’a pris du temps pour en prendre conscience. D’autant que je n’ai eu aucune préparation à la vie à l’étranger et à l’expatriation en général. J’ai tout découvert sur le tas : le choc culturel, le statut de conjoint accompagnateur et ce que cela implique sur les plans personnel et professionnel. Pour résumé, il m’a fallu 9 ans, soit deux expatriations et une impatriation pour ne pas reproduire les mêmes erreurs les fois suivantes.

3- Vers quelle activité créative vous êtes-vous tournée ? Pourquoi ?

Je me suis tournée vers l’écriture et le dessin. D’abord parce que j’ai toujours aimé ces deux activités créatives, que j’avais mises de côté à cause de mes études et du manque de temps. Ensuite, l’écriture a pris plus de place dans mon quotidien au point que j’en fasse mon activité professionnelle en 2009. J’ai aussi choisi cette activité créatrice parce qu’elle est portable. Je n’ai besoin que de mon ordinateur et d’une bonne connexion internet pour publier mes textes, maintenir à jour mon site internet et être en contact avec mes clients et mon réseau. Cela faisait partie de mes critères de choix d’activité : je voulais une activité qui soit pérenne dans le temps et transposable géographiquement. L’écriture s’y prête même si dans la pratique cela n’est pas aussi simple que cela.

4- Quels obstacles avez-vous pu rencontrer lorsque vous avez développé cette passion ?

J’ai démarré mon activité aux Etats-Unis et c’était l’endroit idéal pour le faire. D’abord parce que les américains sont dans l’action et pas toujours dans la réflexion comme nous les français. Cette nouvelle ambiance culturelle m’a porté en quelque sorte et lorsque j’ai pris la décision de travailler en indépendante, rien ne m’a vraiment arrêté. Au contraire, j’ai été encouragée. Alors, je ne peux pas dire que j’ai rencontré d’obstacles. Cette décision faisait sens pour moi à l’instant T mais aussi sur le long terme, parce que je savais qu’il y aurait d’autres expatriations. De plus, je parlais l’anglais, il m’était facile de passer d’une langue à l’autre et de me différencier sur le marché américain parce que j’étais française.

Les difficultés sont apparues lors de ma transition vers la Chine, pays dont je ne parle pas la langue, où je n’ai pas le droit de travailler, où la connexion internet n’est pas toujours aussi bonne qu’on le pense, où je dois faire attention à ce que j’écris et à ce que je dis. Au début de mon séjour chinois, j’ai donc commencé à remettre en cause le bien fondé de mon choix d’activité. Ce n’était pas aussi transposable que cela ! J’ai fait de nouveaux choix. En Chine, j’ai beaucoup plus écrit pour moi, je me suis formée à distance et j’ai créé un groupe d’écriture pour écrivains francophones. Bref, je me suis adaptée une fois de plus à mon nouvel environnement et aux difficultés que j’ai rencontrées sur place mais je n’ai pas cessé d’écrire.

5- Vivez-vous désormais de cette activité créatrice ?

Soyons réalistes, très peu d’écrivains réussissent à vivre uniquement de leur plume. Je ne fais partie de ceux-là. De plus, je ne peux pas développer mon activité comme je le souhaite dans le pays dans lequel je vis actuellement. Je prépare mon retour en France (prévu pour 2015) pour que dans les six mois après notre installation, je puisse vivre de l’écriture (publication de livres) et des activités annexes à celle-ci (accompagnement à l’écriture).

6- Quels challenges vous êtes vous fixés pour les mois / années à venir ?

Je souhaite terminer la première mouture d’un roman d’ici quelques mois. Par ailleurs, j’espère aussi finaliser le travail de recherche d’un ouvrage non-fictionnel actuellement en préparation.

Quand on vit l’expatriation de manière récurrente comme je le fais, il faut apprendre à se projeter dans des contextes de changement et donc d’incertitude. Ce n’est pas toujours évident. L’écriture est devenu mon fil d’Ariane dans ce mode de vie toujours en mouvement.

7- Quels conseils donneriez-vous aux expatriées qui souhaitent découvrir une activité créative ?

Je leur conseille d’être à l’écoute de leurs envies les plus profondes, par exemple en faisant remonter à la surface leurs rêves d’enfant et d’ado. Quels étaient-ils ? Pourquoi ne se sont-ils pas réalisés ? Si l’envie est toujours là, alors pourquoi ne pas se lancer ? L’expatriation est un moment propice et unique pour envisager une reconversion créative (ou non créative d’ailleurs) car on a souvent plus de temps pour soi. De plus, c’est prouvé : vivre à l’étranger renforce la créativité[1] !

[1]http://knowledge.insead.edu/leadership-management/organisational-behaviour/how-to-stimulate-creativity-go-live-abroad-1542

Si vous souhaitez en apprendre plus sur Véronique, vous pouvez visitez son site: writerforever.com ou la suivre sur  sa Page Facebook  ou son compte twitter .


Vous aussi vous êtes expatriée et l’expatriation a marqué un tournant dans votre vie?

Vous avez pu y développer une passion au point de créer un projet ou d’en faire votre nouvelle activité?

N’hésitez pas à me contacter si vous voulez apporter votre témoignage et le publier sur le site. Cela permettra à d’autres {talented women} de vous connaître et surtout de bénéficier de votre témoignage.

Je souhaite partager mon expérience

9 Comments

  1. Véronique Martin-Place sur 11 mars 2015 à 6 h 36 min

    Merci Christelle ! Waouw ! Je suis la n° 1 de tes « talented women ». You’re making my day !
    À très bientôt. Véronique

    • Christelle Bourgeois sur 11 mars 2015 à 10 h 03 min

      Je te remercie pour cette remarquable interview! 🙂

  2. Françoise Louise sur 27 mars 2015 à 14 h 05 min

    Merci pour cette interview, claire et significative de votre volonté d’avancer sur un chemin qui reflète votre personnalité de battante.

  3. Isabelle sur 30 mars 2015 à 1 h 14 min

    superbe .. Véronique est une source d’inspiration pour beaucoup d’expat au long cours

  4. Margarida sur 1 avril 2015 à 6 h 28 min

    Félicitations Véronique et bon interview Christelle ! Je la découvre grâce à la newsletter de Véronique 🙂 !
    Je pense qu’Isabelle a raison quand elle dit que Véronique est une source d’inspiration pour beaucoup de femmes expatriées !

    • Christelle Bourgeois sur 1 avril 2015 à 9 h 47 min

      Merci pour ton commentaire! Très jolis ton blog et ton site pro!

    • Véronique Martin-Place sur 1 avril 2015 à 11 h 31 min

      Merci Margarida pour ton mot. Eh oui, belle découverte n’est-ce pas le site de Christelle ? À bientôt. Véronique.

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