Talented woman #4 Mademoiselle Sandra

Mademoiselle Sandra c’est l’histoire d’une jeune française expatriée à Luanda, passionnée de création et couture qui réalise des vêtements bébé et femme en WAX.

Tout comme moi, Sandra est expatriée à Luanda, et cette expatriation lui a permis de se donner de nouveaux défis et surtout de s’adonner à sa passion au point de créer un vrai projet. J’ai commencé à suivre sa page Facebook sur laquelle vous pouvez découvrir ses jolies créations et aujourd’hui je vous propose d’en découvrir un peu plus sur cette {talented woman} créative et expatriée.

Dis m’en plus sur toi. Comment es-tu devenue expatriée ?

Rien de bien original, j’ai suivi mon conjoint lors de sa mutation professionnelle.

Il avait déjà passé un an et demi à Luanda en tant que VIE et à cette occasion je lui avais rendu visite trois semaines. C’était en 2010 et c’est finalement assez amusant de m’y retrouver maintenant en temps que résident.

Comme beaucoup de femmes expatriées je pense, j’ai un CV un peu décousu (mais c’est ça qui fait notre richesse, non ?).
J’ai une licence en lettres modernes, un diplôme de PNC, j’ai d’ailleurs exercé rapidement pour Corsairfly et puis une fois en Angola j’ai travaillé pendant un an comme support logistique pour une société parapétrolière.

Que t’ a fait découvrir le fait de vivre dans un autre pays ?

L’expatriation m’a fait découvrir la vie en communauté avec ses bons et moins bons côtés, heureusement les bons sont bien plus nombreux !

L’expatriation m’a aussi permis de découvrir le monde, littéralement.

Avant le VIE de mon conjoint je n’avais jamais entendu parler de l’Angola. Depuis que nous y vivons nous avons pu nous y promener largement et découvrir toutes ses richesses, mais pas que.
On n’est pas expatrié si on a pas un petit peu le virus de l’aventure. Nous profitons donc de cette chance pour visiter de nombreux pays d’Afrique facilement accessibles depuis le HUB qu’est Luanda. 😉

De quelle activité créative as-tu fait ton activité ? Pourquoi ?

Je me suis tournée vers la couture dans tout ce qu’elle englobe. Du design à la conception, je m’occupe de tout.

Pourquoi ?

Parce que ça a toujours été ma passion, depuis toute petite j’adore trainer dans les magasins de tissus, dessiner des modèles et bien sûr les réaliser. Avec les années, mon travail s’est affiné, perfectionné jusqu’à ce que mes créations, grâce à l’arrivée d’une machine dans ma vie, deviennent mettables !

L’Angola a été un tournant. Tous ces tissus, toutes ces couleurs, je n’ai pas pu résister. Aidée par plusieurs amies, j’ai pris goût à travailler des patrons et une fois mon dressing plein de nouvelles pièces en WAX, je me suis lancée dans Mademoiselle Sandra pour remplir celui des autres. ha!ha!

Quels obstacles as-tu pu rencontrer lorsque tu as développé cette passion?

Ouhla, je dois vraiment faire la liste ?

Pour faire simple, le premier a été de répondre à la question : à qui s’adresse mon projet ?
Je faisais des pièces pour moi, c’est-à-dire pour une femme. Seulement le « sur-mesure » est compliqué et encore plus dans le cadre assez fermé de l’expatriation je pense. Je me suis donc tournée vers les créations bébés.
Il fallait aussi faire l’investissement pour avoir de quoi proposer à la vente une collection complète avant même de savoir si ça allait plaire ; c’est-à-dire des centaines d’heures de travail non rémunérées, des centaines d’euros investis et il faut bien l’avoir en tête avant de sauter le pas.

Maintenant que tout fonctionne bien, mon principal obstacle est le recrutement d’une personne pour m’aider. Malheureusement parmi les couturiers présents sur Luanda je n’ai pas trouvé de main d’œuvre assez qualifiée pour faire le travail que j’attends. J’ai donc formé une jeune femme angolaise pendant quatre mois, j’ai investi pour elle, notamment dans l’achat d’une deuxième machine mais finalement, elle a décidé d’arrêter trouvant la couture trop compliquée. Je suis donc sur ce point reparti à zéro (oui oui à un mois de la vente de Noël) et je suis en communication avec une éventuelle nouvelle personne. Dur dur.

Vis-tu désormais de cette activité créative?

En suite logique à ma réponse précédente, non, je ne vis pas de mon activité.

Si nous étions deux à produire, je pense que ce serait différent. Mais là, même si je couds en moyenne 7h/jour ma production est trop faible une fois tous les coûts soustraits pour me dégager un vrai salaire.
Et je ne veux pas baisser en qualité pour augmenter mon rendement.

J’ai dit que je cousais en moyenne 7h/jour parce que lorsqu’on se lance dans un projet comme celui là il faut aussi accepter des casquettes chronophages pour lesquelles on ne sera pas rémunéré.

Par exemple, la casquette designer : création de nouveautés, dessin des patrons, réalisation et gradation (déclinaison dans les différentes tailles que je propose). Casquette marketing : composition de photos pour mettre en valeur mes produits et en faire la promotion sur mes pages Facebook et Instagram. Casquette financière : comptabilité et statistiques de vente pour savoir quelles sont les tailles qui fonctionnent le plus et ainsi mieux axer ma production.

Ces activités annexes me prennent beaucoup de temps et pendant ce temps là je ne peux pas être devant ma machine.

Quels challenges t’es-tu fixés pour les mois/années à venir?

Mes challenges. Dure question.

Je dirais de trouver une personne pour m’aider réellement. Une fois ce souci de production réglé, contacter des boutiques de créateurs en France, notamment sur Paris, pour voir un peu ce qu’il pourrait se passer.

J’ai déposé ma marque il y a un an et je serais prête en cas d’accueil positif à me lancer dans les démarches administratives pour me permettre de continuer cette expérience de façon plus cadrée dans ma prochaine expatriation. Je n’ai vraiment pas envie que Mademoiselle Sandra s’achève avec la fin de l’Angola, malgré tous les points difficiles que j’ai pu relevés, j’y crois sincèrement et je suis heureuse de faire ce que je fais ; et ça c’est un gros plus.

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui souhaitent découvrir une activité créative?

Je dirais aux lecteurs / lectrices expatrié(e)s devant leur écran que s’ils ont envie de découvrir une activité créative, qu’ils n’hésitent pas une seconde à se lancer, qu’ils profitent de l’expatriation justement et de toutes les connexions qu’elle nous permet de faire pour créer des liens et apprendre des autres, bien sûr si leur situation familiale / financière le leur permet.

J’ai commencé comme ça ici, à coudre certains week-ends, certaines soirées et à assumer mon emploi la journée. Mademoiselle Sandra, n’a d’ailleurs pas été une décision que j’ai prise seule mais bien à deux avec le soutien de mon conjoint.

Si ce hobby prend une place grandissante, je conseillerais de lancer une sorte de sondage auprès des personnes qui seraient « ciblées » par votre projet pour être sûr que votre idée trouvera un écho.
N’hésitez pas également à lire des articles que de nombreuses blogueuses écrivent pour justement nous donner des pistes et nous aider à nous poser les bonnes questions (Merci Calliframe).

Enfin je dirai que si vous croyez en votre projet, que vous êtes motivés et disponibles alors FONCEZ.

Comme disait je ne sais plus qui :

« Échec ou réussite, ce que l’on tente est mieux que le sommeil ».

Si vous souhaitez en apprendre plus sur Mademoiselle Sandra, vous pouvez visiter et liker 😉 sa page Facebook ou la suivre sur son compte instagram.

Mademoiselle Sandra a désormais sa boutique en ligne que vous pouvez découvrir ici : www.mademoisellesandra.fr .


Vous aussi vous êtes expatriée et l’expatriation a marqué un tournant dans votre vie?

Vous avez pu y développer une passion au point de créer un projet ou d’en faire votre nouvelle activité?

N’hésitez pas à me contacter si vous voulez apporter votre témoignage et le publier sur le site. Cela permettra à d’autres {talented women} de vous connaître et surtout de bénéficier de votre témoignage.

Je souhaite partager mon expérience

3 Comments

  1. Julia sur 17 novembre 2015 à 12 h 57 min

    Bon courage Sandra pour tes défis de production et la préparation de Noël. Je suis fière de toi. Bravo pour l’interview Christelle je trouve qu’on a une belle image globale de Mademoiselle Sandra.
    Au plaisir,
    Julia

    • Christelle Bourgeois sur 17 novembre 2015 à 13 h 26 min

      Merci Julia 🙂

    • Mademoiselle Sandra sur 17 novembre 2015 à 17 h 07 min

      Merci Julia ! 🙂

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