Vanessa créatrice de C ma voie


L’orientation c’est important surtout quand on est un jeune lycéen expatrié et qu’on a pas forcément suivi un cursus classique. Vanessa a changé de projet professionnel durant son expatriation et a créé C ma voie. Elle s’est spécialisée dans l’accompagnement des collégiens et lycéens pour les aider à trouver l’orientation qui leur convient le mieux.

Voici son parcours.

Dites-m’en plus. Comment êtes vous devenue expatriée ?

Je suis devenue expatriée en 2004, année où je suis partie en Chine, avec mon mari et mes 3 enfants de 5-6 et 8 ans.

Alors que je travaillais depuis 10 ans dans un domaine qui me plaisait, dans le conseil stratégie et marketing, j’ai donc fait ce que je pensais être un break professionnel… finalement cela a été un tournant dans ma vie. Comme la majorité des conjoints expatriés de l’époque, j’ai d’abord profité de cette transition pour être davantage présente pour ma famille, les enfants, l’école…

Cette expatriation a finalement duré 10 ans, nous sommes revenus en France en 2014.

Que vous a fait découvrir le fait de vivre en expatriation ?

En 10 ans, j’ai eu le temps de découvrir, un Continent que je ne connaissais pas du tout. J’ai adoré voyager en Asie, je suis tombée amoureuse de la Thailande, de Bali… et au quotidien, la vie à Shanghai, immense mégapole, foisonnante et pleine énergie, apportait chaque jour une nouveauté, une situation épique, parfois drôle, parfois moins drôle… Shanghai a beaucoup évolué pendant les années où j’y ai vécu : j’ai vu les 2 dernières tours se construire, l’expo universelle, mais j’ai aussi vécu de plein pot le côté moins fun, les pics de pollution, les embouteillages monstres…

Ma vie durant  ces 10 années, est à l’image de cette description : des côtés magnifiques, la découverte d’un pays, d’une langue, le partage de moment très forts, en famille, avec mon mari, la naissance et la découverte d’amitiés uniques  et puis des côtés moins drôles, auxquels nous n’étions pas forcément préparés avant de partir, liés au choc culturel qui pèse parfois au quotidien, et au ralentissement de l’activité professionnelle pour moi.

En conclusion,  ce que je retiens et ce que je garde de la vie en expatriation, c’est la richesse et la force des liens humains tissés avec des personnes très différentes, locales comme françaises. L’ouverture aux autres et surtout l’ouverture des possibles…

Vers quelles activités vous êtes-vous tournée ? Pourquoi ?

Aujourd’hui, j’accompagne les adolescents  et jeunes adultes (15-25 ans), dans leur scolarité et  dans leur orientation. Pour ma part, c’est un cheminement et l’aboutissement de mes années d’expatriation qui m’a conduite jusque là :

En 2004 en Chine,  c’est moins vrai aujourd’hui, il n’était pas facile, ni commun pour le conjoint expatrié de travailler.

J’ai d’abord consacré une bonne partie de mon énergie les premières années à me plonger dans les études et la pratique du Chinois . Très vite j’ai pu me débrouiller, être (presque) autonome dans la vie quotidienne.

Parallèlement, j’étais très investie dans le suivi et le soutien scolaire d’enfants scolarisés dans 2 systèmes (anglais et français).

Une fois un bagage de mandarin en poche, j’ai travaillé pour une société française de linge de maison de luxe, qui produisait en Chine et commercialisait en Asie et à Paris.

Cette activité s’inscrivait de manière cohérente dans un parcours professionnel orienté jusque là  plutôt commercial et marketing et me permettait aussi d’utiliser mes compétences de mandarin (puisque toutes mes collaborateurs étaient chinois, une seule parlait anglais).

Pourtant, je sentais aussi qu’il me manquait quelque chose, que certains de mes “moteurs préférés”, (ceux qui me donnaient de l’énergie et me permettaient de m’épanouir complètement), n’étaient pas en marche…

C’est alors que j’ai décidé de réaliser un bilan de compétences, à un moment où la question du retour en France se posait pour nous. En effet, entre temps nos enfants avaient grandi et l’aîné parti en France pour ses études gérait sa transition seul, comme il le pouvait.

Comme pour beaucoup d’enfants expatriés, l’arrivée en France, si elle représente aux yeux de la famille élargie un « retour au pays », est pour l’enfant qui la vit synonyme d’éloignement de son  noyau familial restreint « parents-frères-sœurs ». Construite loin du pays et de la famille élargie, cette cellule familiale est souvent particulièrement soudée et sécurisante pour ces enfants, et cela rend parfois la séparation plus douloureuse ou en tout cas plus difficile à vivre (en plus des ajustements liés à toute transition et en particulier à celle-ci).

Avec 3 enfants rapprochés, 3 bacs consécutifs, nous voulions être auprès d’eux pour passer cette période délicate, et sommes revenus en France.

Accompagnée par Sandra, professionnelle de l’accompagnement pour mon bilan de compétences, j’ai pu comprendre et voir clair sur la direction que j’avais envie de prendre et ce que je voulais vraiment accomplir dans la vie .

A l’issue de mon bilan, il m’est apparu évident, comme si je l’avais toujours su, que je voulais accompagner les jeunes, en m’appuyant sur ce que je savais bien faire naturellement, depuis toujours, (écouter, accompagner),  ainsi que  sur mes expériences et vécus personnels.

En utilisant mes compétences professionnelles d’écoute, de conduite de projet, j’ai aussi compris que toutes ces années d’expatriation aucours desquelles je m’étais investie dans le suivi scolaires d’enfants et d’adolescents constituaient un gros atout.

Finalement, mon parcours atypique est devenu un parcours plein de sens pour moi. Comme Steve Jobs le  disait, un jour l’important est de  “ Connect the dots” !

Là où se croisent vos talents et les besoins du monde, là se trouve votre vocation – Aristote

Tout au long de mes années d’expatriation, j’avais été témoin, j’avais entendu de nombreuses  petites phrases par ci par là,  de la part d’adolescents partis pour leurs études en France « j’ai l’impression qu’il me manque la moitié de moi-même… une partie que je ne peux pas exprimer, qui n’intéresse personne ».

J’ai pensé que j’avais une place à prendre dans l’accompagnemennt à l’orientation et à la transition pour tous ces jeunes, tous ces enfants du monde.

C’est ainsi qu’arrivée en France, je me suis formée à l’accompagnement des jeunes générations : une formation de coach spécifique à la scolarité et à l’orientation pendant 18 mois. Je me suis énormément investie dans ce projet et j’ai obtenu ma certification.

C’est vrai qu’il existe beaucoup de coachs aujourd’hui, et notamment en expatriation, certains disent que c’est un métier “à la mode”, que certaines femmes s’occuppent ainsi…

Ma vision du métier de coach.

Tout d’abord, le métier de coach est un magnifique métier et car c’est un métier d’accompagnant de la personne qui permet à chacun d’avancer vers sa place, vers les choix qu’il souhaite poser.

On n’est pas « coach », on est avant tout une personne. La posture de coach ne fait qu’enrichir la personne que l’on est déjà. Chaque coach a sa couleur personnelle.

Mon histoire et ma sensibilité m’ont amenée à accompagner davantage en orientation et à accompagner des enfants qui s’apprêtent à quitter leurs parents pour leurs études alors qu’ils ont grandi à l’étranger : les « third culture kids » (Mon mémoire de certification porte d’ailleurs sur ce sujet).

Parfois, on ne sait pas où on va pendant ces années d’expatriation  : partagée entre l’envie de profiter d’un break, de découvrir un nouveau pays, …il me semble que l’essentiel est de saisir les opportunités, de se donner à fond, et d’avancer , de faire son chemin.

Quels obstacles avez-vous pu rencontrer lorsque vous avez développé votre passion ?

La principale difficulté était liée aux freins que je me mettais moi-même, qui m’empêchaient d’oser.

A un moment donné, aidée et soutenue par mon entourage, j’ai pensé que je pouvais me faire confiance. Ce qui m’a aidé était surtout que je croyais en mon  projet, parce qu’il correspondait vraiment à un besoin crucial à mes yeux.

Et je me suis remonté les manches et j’y suis allée .

C’est un peu cela « vivre ses rêves » non ?  C’est toute la différence avec « rêver sa vie ! » : se remonter les manches et y aller !

Vivez vous de cette activité ?

Oui, aujourd’hui toute mon activité professionnelle est en lien avec l’accompagnement de jeunes : Je travaille dans un lycée, en charge d’un BDI, bénévole dans un autre,  j’accompagne beaucoup d’enfants du monde entier en orientation, quelques collégiens de 3ème, en orientation, motivation… des étudiants dans leurs première année d’études, d’autres en fin d’études, en recherche de premier emploi.

Aujourd’hui, j’exerce ce métier et toutes ces activités avec passion.

Quels challenges vous-êtes vous fixés pour les mois/années à venir ?

Accompagner un maximum de jeunes à poser des choix sereinement sur le chemin de la réalisation de leur rêve, les aider à trouver leur richesse et leurs ressources, parfois insoupçonnées.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaitent développer leur activité ?

Se faire confiance, oser.

Oser dire, oser faire, et finalement, oser avancer 🙂

Tu peux retrouver Vanessa sur son site C ma voie mais également sur les réseaux sociaux ! Voici sa page Facebook ou encore son compte instagram!


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Calliframe étend ses portraits de femmes et ne cherche plus exclusivement des témoignages de femmes expatriées. Aussi si tu as envie de faire découvrir à d’autres comment tu as changé de carrière et si surtout tu t’es développée grâce au web, fais moi signe! J’étudierai ta demande et je la publierai sur le site.

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1 Comment

  1. Virginie KL sur 26 mars 2017 à 23 h 28 min

    Bravooo Vanessa pour ce projet tu es talentueuse ! L expatriation nous aide a toutes a decouvrir des facettes et ressources que nous n aurions pas exploité si nous etions peu etre restées en France.Continue de vivre tes reves !

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